Rebelle

Par Anonyme.
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Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

L’Empire Galactique règne en tyran depuis près de vingt ans, étendant son joug du Noyau à la Bordure Extérieure. Un à un, les systèmes libres succombent à la poigne de fer de l’Empereur Palpatine.

Pourtant, dans l’ombre de cette oppression, l’étincelle de la rébellion persiste. Sur Rhen Var, une ancienne usine abandonnée abrite le QG d’une cellule rebelle. C’est là que Syra, jeune Mirialan mécanicienne et ingénieure hors pair, a choisi de poser ses outils pour rallumer l’espoir et mettre ses talents au service de la liberté.

Ce matin, comme chaque jour, la base vibre d’activité. Chaque unité s’affaire à sa tâche et, dans la mienne, rien n’a changé : Kobbil, notre colosse au grand cœur, ne manque pas une occasion de lancer des piques à Krilin, la tireuse d’élite, tandis que je suis penchée sur notre fidèle droïde R3, pince en main, à réparer ses dernières avaries.

Je redresse la tête vers R3, pince à la main. « Écoute, R3, tes escapades hors de la base doivent cesser : à chaque sortie, la moitié de tes circuits gèle, et je passe tout mon temps à te rafistoler au lieu de m’occuper des autres machines. »

Le droïde pousse un bip indigné ; je ne peux retenir un sourire. « Ne le prends pas mal, mon grand ! J’adore passer du temps avec toi. Mais si tu laissais tomber tes petites envies d’aventure, je serais beaucoup moins en retard sur mon travail. »

R3 répond par un petit bip ravi, comme pour admettre sa faute.

C’est à cet instant que Bradhunt, notre chef d’unité, pénètre dans l’atelier.

Bradhunt lance, un brin taquin : « Toujours sur la boîte de conserve, à ce que je vois. »

Je lève les yeux et réplique, mi-amusée, mi-désespérée : « Tu le connais… Il se prend pour le héros qui va renverser l’Empire tout seul. »

Bradhunt sourit en frappant dans ses mains pour attirer l’attention de Kobbil et Krilin. « Bon, calmez-vous, j’ai des infos importantes. Kobbil, Krilin, rassemblez-vous ici. Syra, viens aussi. »

Je pose ma clé à molette, m’essuie les mains pleines de cambouis et rejoins mes camarades.

Adoptant son air de mâle alpha, Bradhunt annonce : « Je reviens du conseil d’état-major, et le big boss nous a confié une mission à la hauteur de notre réputation. »

Krilin l’interrompt, fataliste : « Autrement dit, une mission de seconde zone que personne ne veut. »

Kobbil, en riant, secoue Krilin : « Tant qu’il y a de l’action, ça me va ! »

Bradhunt hausse le ton pour imposer le silence : « Hey ! Laissez-moi finir ! »

Il se tourne vers Krilin et conclut fermement : « Qu’importe ce qu’on nous demande, on le fera. »

Je lève la main, curieuse : « En quoi consiste cette mission ? »

Il se tourne vers moi, sérieux : « Nos espions ont intercepté un message d’un vaisseau pirate. Ce soir, il y a une vente de coaxium. Au QG, on ne manque de rien… sauf de carburant. Notre objectif : récupérer ce coaxium, quel qu’en soit le prix. Voilà notre mission. »

Le reste de la journée se concentre sur les préparatifs de la mission : Kobbil enchaîne pompes et haltères improvisées, Krilin vérifie chaque composant de son fusil, R3 se recharge, Bradhunt scrute la carte holographique de la zone, et moi, je peaufine mes gadgets.

Le soir venu, notre petit transporteur se pose discrètement proche de la zone, tard dans la nuit.

Perchés au sommet d’une butte enneigée, nous observons la scène : un vaisseau stationné devant une vieille structure abandonnée se découpe sous la pâle lueur des étoiles.

Bradhunt se penche vers Krilin et murmure : « Jette un œil dans ton viseur et dis-nous ce que tu vois. »

Krilin soulève son fusil, règle la lunette, puis balaie lentement l’objectif de gauche à droite. Après un silence tendu, elle chuchote : « Quatre hommes viennent de descendre du vaisseau et ont rejoint deux autres sortis de la bâtisse. Ils échangent quelques mots, puis un type ressurgit du vaisseau, portant une énorme caisse. »

Un frisson parcourt notre unité : le moment d’agir approche.

Bradhunt se penche vers nous et murmure : « Bon les gars, l’échange va bientôt commencer. D’abord, on doit s’assurer qu’il n’y ait plus personne à bord du vaisseau. »

Je saisis l’opportunité : « J’ai ce qu’il faut ! »

D’un geste, j’extrais de mon sac un petit drone de reconnaissance. Je l’active, lance l’interface sur ma tablette et prends le contrôle. Dans un silence parfait, le drone descend et amorce une boucle autour du vaisseau, scrutant chaque recoin.

Sur l’écran, des points lumineux trahissent des présences à l’intérieur.

« Le vaisseau n’est pas vide », annonçai-je, la voix basse.

Bradhunt se tourne vers moi : « Récupère ton drone. Combien de personnes à l’intérieur ? »

J’affiche l’écran de ma tablette : « Trois. »

Kobbil arme sa mitrailleuse, impatient : « Allez, je commence à m’ennuyer ! »

Bradhunt lève la main pour demander le silence : « On ne tire pas en plein dans le tas, sinon on va alerter toute la bande. Syra et moi, on descend en douce jusqu’au vaisseau. Krilin et Kobbil, vous restez en position devant la porte de la structure et vous nous couvrez si besoin. »

Krilin et Kobbil hochent la tête, prêts.

Bradhunt se redresse, jette un coup d’œil à la pente et, sans un mot, saute par-dessus le sommet de la butte, glissant dans la neige. Je le suis de près, mon cœur battant à tout rompre.

Bradhunt se dissimule derrière le train d’atterrissage du vaisseau, pendant que j’avance jusqu’à la passerelle. Je défais la doublure de ma manche pour en extraire un petit miroir cousu à l’intérieur. Posé à la jointure du métal, il me permet de scruter discrètement l’intérieur du cargo.

Je reporte mon regard vers Bradhunt et lui fait un signe de la main : deux hommes à l’entrée du vaisseau. Il hoche la tête en guise d’accord et glisse silencieusement à mes côtés.

« Alors chef, quelle est la marche à suivre ? » demandai-je à voix basse.

Il replace son blaster à la ceinture et m’adresse un murmure : « Il faut les neutraliser sans faire de bruit. »

Un sourire s’esquisse sur mes lèvres. Je plonge la main dans mon sac et en ressors une grenade électrique. « Je n’ai rien de plus discret », dis-je en lui montrant l’engin.

« Ça ira », répond-il.

J’active la grenade, m’élève légèrement pour prendre de l’élan, puis bondis de profil, lâchant l’engin à l’intérieur du vaisseau. Je retombe de l’autre côté de la passerelle en une roulade parfaite.

Au même instant, le cargo se parcourt de fulgurantes décharges électriques. Quand le crépitement cesse, un silence lourd succède, ponctué du bruit étouffé de corps qui s’effondrent à l’intérieur.

Bradhunt dégaine aussitôt son blaster et fonce vers la structure abandonnée.

Je jette un coup d’œil à Kobbil et Krilin, veillant du haut de la butte, puis je m’élance à la suite de Bradhunt, déterminée à ne pas le laisser seul.

Nous nous faufilons sans bruit jusqu’à l’intérieur du bâtiment. Dans la pénombre, nous nous blottissons derrière un conteneur massif. Plus loin, à la lueur vacillante d’une lampe suspendue, six hommes discutent à voix basse autour d’une grosse caisse de carburant.

Bradhunt passe en mode comlink et murmure : « On est dans le bâtiment. Six cibles en visuel, toutes armées. Préparez-vous à intervenir. »

La voix de Krilin résonne aussitôt : « Bien reçu ! Dépêchez-vous, on se les gèle dehors. »

Un coin de bouche se relève sur le visage de Bradhunt. Je l’interroge à mi-voix : « Qu’est-ce que tu comptes faire ? Ils sont trois fois plus nombreux. »

Il me lance un regard espiègle : « Peut-être, mais moi je suis trois fois plus beau qu’eux, non ? »

Je lâche un soupir exaspéré devant sa vanne. Il se redresse, reprend son sérieux et désigne une zone plus loin d’un signe de tête : « Tu vas te positionner un peu plus loin. Une fois prête, c’est toi qui donneras le signal. »

Je plisse les yeux, intriguée : « Le signal ? »

Il hoche la tête, sans ciller : « Oui. Utilise l’un de tes gadgets ou ton blaster pour déclencher l’action. L’idée, c’est de les surprendre et de leur faire croire qu’on n’est pas deux, mais bien plus nombreux. »

Je me glisse dans les ombres, faisant le vide autour de moi pour ne rien heurter. En quelques foulées silencieuses, je gagne une position idéale d’où j’ai un visuel parfait sur les six hommes rassemblés.

Ne disposant d’aucun gadget adapté à la situation, j’extirpe mon blaster et ouvre le feu sans hésiter. Ma première salve atteint sa cible, projetant l’un des malfrats au sol en un choc sourd.

Au signal, Bradhunt riposte de son côté, lâchant des rafales précises. Le groupe se disperse dans la panique, cherchant un abri derrière caisses et piliers.

Au milieu de ce tumulte, j’aperçois soudain, au fond de la structure, une porte battante qui s’entrouvre. D’autres silhouettes en armure font leur apparition : le renfort inattendu que nous n’avions pas repéré de l’autre côté.

Bradhunt n’a visiblement pas repéré les renforts qui déboulent dans l’ombre. Je prends les choses en main. Je pivote, ajuste mon angle de tir et ouvre le feu sur les mercenaires en armure. Un premier soldat s’effondre, projeté contre le sol dans un fracas métallique.

À l’instant où ma salve retentit, la méfiance s’installe parmi les pirates et leurs acheteurs. Chacun redoute une trahison et, sous le coup de la panique, ils commencent à se tirer dessus mutuellement. Le boucan s’intensifie et devient inquiétant, car plusieurs rafales ricochent trop près de la caisse de coaxium, menaçant de provoquer une explosion dévastatrice.

Un pirate finit par m’apercevoir et ouvre le feu. Par chance, sa rafale frôle ma silhouette pour aller ricocher contre la caisse placée derrière moi.

Je réplique sans hésiter : un tir précis traverse sa poitrine et il s’effondre dans un râle étouffé.

Dans un ultime sursaut, il vide son chargeur vers un générateur électrique tout proche. Le choc crée une explosion de crépitements et déclenche aussitôt un brasier, projetant des étincelles qui lèchent déjà les parois du hangar.

Les flammes grondent, menaçant de réduire le coaxium en un brasier dévastateur.

Sans hésiter, je bondis par-dessus les caisses, courant droit vers le générateur tout en tirant sur les pirates qui me barrent la route.

Bradhunt m’aperçoit et ajuste ses rafales pour dégager mon passage.

Arrivée au pied du générateur, j’extrais mon kit de spray frigorifique et inonde les flammes d’un brouillard glacé. Les flammes s’atténuent instantanément, leurs crépitements se muant en un sifflement de glace.

Au même instant, des rafales claquent à l’extérieur, résonnant contre les parois métalliques. Bradhunt se retourne, jette un coup d’œil derrière lui, puis se rabaisse en un éclair pour me faire signe de faire de même.

Je profite de l’instant pour déclencher un tir précis et abattre un pirate qui surgissait de l’ombre. À peine ai-je appuyé sur la détente que Kobbil déboule sur la scène, sa lourde mitrailleuse en mains et un large sourire éclatant sur le visage.

Son arme gronde comme une bête affamée, lâchant une pluie de projectiles qui balaie la zone et repousse les derniers assaillants.

Les rafales de la mitrailleuse de Kobbil déchirent l’air, abattant les pirates un à un. Les lasers transpercent les caisses métalliques, font chuter une poutre du hangar et frôlent dangereusement le coaxium, éventrant tout sur leur passage.

Bradhunt hurle à pleins poumons : « Stop ! Stop ! C’est bon ! C’est bon ! »

Le vacarme s’éteint d’un coup. Le canon de la mitrailleuse fume, incandescent de chaleur. Je me redresse lentement, le cœur encore battant, et balaie du regard le carnage qui nous entoure.

Je tourne la tête vers Kobbil et lui lance avec un sourire : « Bien joué, Kobbil. »

Il repose sa mitrailleuse sur son épaule, un large sourire satisfait illuminant son visage.

Bradhunt s’avance vers la caisse de coaxium, y pose un pied conquéant et lance : « Bah voilà, les gars, c’était facile finalement ! »

Je glisse mon blaster dans son étui et rétorque, un sourire en coin : « Tu parles comme si tu avais tout fait tout seul. »

Il fait mine d’être surpris : « Pourtant, je suis quand même à la tête de l’opération, non ? »

Krilin arrive à notre hauteur et croise les bras : « J’ai un peu l’impression que c’est Kobbil et moi qui nous sommes occupés des fuyards à l’extérieur. »

Bradhunt bombe le torse : « Tirer sur des hommes en pleine panique, ça ne compte pas. Nous, ici, c’était la vraie bataille ! »

Krilin arque un sourcil : « Je te l’avais dit, cette mission, c’est du second rang. »

Kobbil, complice, donne un coup de coude à Krilin : « Moi, je me suis bien amusé. »

Je m’avance vers mes compagnons, amusée par leurs joutes verbales. « Bon, on embarque cette caisse et on rentre à la base ? R3 doit se morfondre tout seul dans le vaisseau. »

Krilin lève les yeux : « À propos du vaisseau pirate, j’y ai jeté un coup d’œil… et devinez quoi ? Deux autres caisses de coaxium. »

Bradhunt frappe dans ses mains, radieux : « Si ce n’est pas génial, ça ! On ne repartira pas les mains vides. Allez, on charge cette caisse, plus les deux autres, et on décolle ! »

Une autre histoire ?